Dans le Monde

Jeudi 16 avril 2009 4 16 /04 /Avr /2009 13:53
Lors de sa visite officielle en France pour le sommet de l’OTAN qui eu lieu à Strasbourg/Kehl les 3 et 4 avril  derniers, le Président des Etats-Unis a invité 4000 européens à une réunion publique. Alsacien pour quelques mois, j’ai eu le privilège d’être invité à cette rencontre unique. Si le nombre de participants n’avait rien à envier aux grands meetings de Nicolas Sarkozy, le niveau de sécurité était toutefois bien plus élevé. Nous fûmes contrôlés un par un avant de rentrer dans les cars qui durent se frayer un chemin entre les barrières, les cars de CRS, les hélicoptères de combat qui volaient en rase motte…

Finalement, nous arrivâmes dans la salle où nous patientâmes quelques heures en attendant « l’homme providentiel ». Celui-ci arriva accompagné de sa femme sous les applaudissements nourris de la foule. S’en suivi vingt minutes d’un discours pour le moins intéressant. En effet, en écoutant ses paroles il était aisé de comprendre le changement d’attitude de l’administration américaine vis-à-vis de l’Europe. Barack Obama a clamé son désir de voir une Europe forte émerger, notamment au niveau de la défense, il a salué le leadership des responsables européens, au premier rang desquels notre Président de la République, et appelé l’Europe à prendre son destin en main. En filigrane le Président des Etats-Unis rappelait que la relance économique européenne était de la responsabilité des européens, et d’affirmer de plus que nos efforts étaient insuffisants (il a certainement dû oublier au passage d’où provenait la crise).
Puis, le Président a répondu à quelques questions de personnes présentes dans la salle. Pas de chance, la première personne qu’il a désigné était une américaine travaillant en France. Celle-ci a donc posé sa questions sous les hués de la salle. De même, pour la seconde question à laquelle le Président refusa de répondre ne voulant entendre à Strasbourg que des européens.
Ainsi, nous eûmes droit à la question d’un allemand sur la faim dans le monde, à la question d’un autre allemand sur la fin du nucléaire dans le monde et d’un français sur la géopolitique. Personne ne peut honnêtement dire qu’il n’y avait pas une petite dose de langue de bois dans les paroles du Président américain lorsque celui-ci dit vouloir s’engager pour un monde sans arme nucléaire (étonnement c’est le seul moment de la rencontre où j’ai vu applaudir les trois russes qui étaient à ma droite).

In fine, cette rencontre fut vraiment un grand moment, et personne ne peut retirer à Barack Obama le fait d’être un grand porteur d’espoir alors qu’il succède à l’un des pires Président des USA que le monde ait connu. Toutefois, les européens ne doivent pas oublier que Barack Obama est le Président des Etats-Unis, et que de ce fait il défend avant toute autre chose les intérêts américains (cf. la récente polémique sur l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne). A l’aune des élections européennes, alors que nous avons vu lors de la Présidence Française de l’Union que l’Europe politique n’est pas une utopie, les européens doivent comprendre la nécessité d’une Europe forte capable de défendre ses intérêts dans le monde, à l’image des USA. Ainsi, le grand apport de Barack Obama à l’Europe n’a pas été, à mon sens, ses grandes déclarations sur la dénucléarisation du monde, sur la relance d’un partenariat avec la Russie, sur la crise économique… Mais cela aura été de faire comprendre aux européens leur importance lorsque ceux-ci furent les meneurs au G20, et leur faiblesse lorsqu’ils tolèrent l’ingérence américaine dans les affaires de l’Union Européenne. Paradoxal n’est pas ? Assurément, si l’Europe était dirigée par une personnalité politique à l’image de Nicolas Sarkozy celle-ci aurait un poids sans égal dans le monde.
 
Nicolas Groelly. 
Jeudi 11 décembre 2008 4 11 /12 /Déc /2008 18:47


C’est un fait : cette crise fait peur. Mais surtout, cette crise fait écrire et parler ; beaucoup, trop, mal. Tandis que chaque jour charrie son lot de prémonitions apocalyptiques et que des journaleux reconvertis en experts économico financiers se bousculent pour nous annoncer pèle mêle la fin du libéralisme, du capitalisme, de la finance moderne, de la puissance américaine, du monde… il souffle sur le pays comme un vent de désespoir et d’impuissance. Mais devrait-il en être ainsi ?

Sommes-nous désespérément condamnés à subir les lamentations stériles de notre classe journalistique ou est-il plus judicieux de rechercher les raisons profondes de cette crise, de gratter le vernis antilibéral primaire pour adopter une démarche que bien peu ont eu jusqu’alors le courage ou la présence d’esprit de mettre en œuvre ? C’est là le parti que je prends et ceux qui cherchent ici un énième brulot aux relents gaucho-fatalistes peuvent passer leur chemin.

Il semble bien difficile de ne pas déceler dans les récentes critiques apportées au libéralisme une pointe de triomphe, comme la revanche d’une clique frustrée par 20 ans de lutte acharnée contre un modèle qui n’a eu de cesse d’apporter dans les faits les réponses à ses détracteurs. Il y a dans la vague « d’analyses » qui déferle sur nos journaux comment un « je vous avais bien prévenu » qui suinte d’un opportunisme presque malsain. Le voilà revenu, l’Etat, le grand, le magnifique le régulateur, le garde fou canalisateur de l’esprit capitaliste malin et sournois. Le voici qui, ainsi que les prophètes l’avaient prédit, vient réparer les erreurs des tenants du tout-marché. Le marché, celui que l’on avait cru tout puissant, s’en retrouve mis à bas, incapable, qu’il semble être, d’exister sans la main bienveillante et régulatrice de l’Etat.

Loin de moi l’idée d’adopter une posture anarcho-libérale et de prôner la disparition absolue de l’Etat. Assurément des règles doivent être posées mais ces dernières ne doivent en aucun cas fausser la concurrence et les mécanismes de marché. Elles doivent garantir de la part des acteurs un comportement rationnel et responsable. Or il s’avère, après analyse, que c’est l’Etat, celui là même qui est aujourd’hui paré de tous les mérites, qui est à l’origine de la crise que nous traversons. Comment ? La crise n’est elle donc pas la création des traders fous et autres ingénieurs financiers qui, cloitrés dans leurs bureaux de Wall Street, auraient mis au point ces produits financiers qui aujourd’hui gangrènent les comptes des grandes institutions financières ?

Pour comprendre le phénomène il convient d’aller à sa source. Nous nous accorderons bien sur le point que cette crise dérive d’une bulle immobilière née aux USA ayant entrainé la multiplication de crédits pourris sur lesquels sont adossés les actifs qui aujourd’hui focalisent l’attention et les critiques. Les organismes de crédits voyant les possessions immobilières se convertir en autant de « collatéral » de nature à compenser tout risque de défaut entretinrent la tendance. Mais il est une question qu’il convient aujourd’hui de se poser : les mécanismes du marché, avec toute la rationalité de la part des agents qu’ils impliquent, auraient il conduit les emprunteurs à solliciter de pareils crédits et les organismes de prêt à les accorder ? A cette question force nous est de répondre par la négative car cette bulle immobilière a indéniablement été gonflée à la pompe gouvernementale et ce pour 3 raisons principales :

Premièrement, les années 1990 ont vu se conjuguer une extraordinaire croissance économique mondiale avec une faible inflation permise notamment par les forces désinflationnistes de la mondialisation : délocalisation, baisse des coûts de communication et de production, augmentation de la productivité permise par l’essor des nouvelles technologies… Grisés qu’elle était, la FED a semble il délaissé la prudence et maintenu ses taux d’intérêt trop bas pendant trop longtemps, préparant ainsi le terrain pour une crise future.

Deuxièmement, le gouvernement et le congrès, poursuivant le « American dream » de propriété immobilière pour tous employa un large éventail de moyens pour encourager les ménages à emprunter plus que de raison (crédits d’impôt et autres encouragements fiscaux notamment). Largement sous estimées, les conséquences desdits encouragements au crédit ont conduit des milliers d’américains à solliciter des prêts qu’ils ne pouvaient assumer.

Enfin, non content de susciter une demande artificiellement haute de crédit, l’Etat boucla la boucle en permettant à l’offre de suivre. Les organismes de prêt auraient ils ouverts grandes les vannes à crédit si Fannie Mae et Freddy Mac n’avaient consenti à garantir un montant anormalement élevé de crédits immobiliers et d’actifs CDO (subprime) adossés à ces mêmes crédits ? Il est probable que non.

Cette crise, en vérité, constitue précisément la réponse qu’apporte le marché aux interventions intempestives de l’état : il se régule, se purge, s’assainît pour ne garder que les éléments les plus solides.  La démarche à adopter aujourd’hui n’est manifestement pas celle consistant à blâmer les mécanismes de marché mais au contraire à montrer à quel point l’irrationalité des récents phénomènes va à leur encontre.

En outre, il est un principe immuable selon lequel  modération et  discernement sont bien faibles en temps de crise. Ainsi voit on dénoncé et porté en coupable sans distinction aucune la finance moderne dans son ensemble. Là aussi prenons garde à ne pas être trop prompts à bruler ce que nous avons vénéré. La finance moderne et dérégulée se trouve bien loin d’être ce que certains pseudos experts voudraient que nous imaginions. En permettant une réduction et une répartition du risque, elle contribue à rendre le capital moins onéreux (de façon non artificielle cette fois) et en permettant aux capitaux de circuler librement et rapidement, la finance moderne a permis une allocation rationnelle de ces derniers. L’illustration la plus nette de ces bienfaits est le boom des nouvelles technologies ayant grandement alimenté la croissance américaine des années 90.

De nombreux économistes libéraux considèrent cet exemple comme une éclatante démonstration des bénéfices de la finance moderne : l’ensemble des technologies considérées étaient en effet disponibles à toutes les nations mais les USA en firent le meilleur usage grâce à des investissements massifs et rapides qui n’auraient pas été possibles sans un système financier développé et dérégulé.

Enfin, le tableau de cette crise ne saurait être entièrement brossé sans la sempiternelle annonce de la fin de la puissance américaine. Là également se flaire un parfum de revanche du modèle européen de l’état protecteur sur ces maudits Yankee libertaires. Bien mal en prend les critiques de prédire pareil déclin. A n’en pas douter la puissance américaine sortira ébranlée de cette crise, mais si nous nous dirigeons probablement à court terme vers un monde apolaire (car prédire la chute des USA ne suffit pas à faire émerger un nouveau pôle de puissance majeure et dominante), il ne fait aucun doute à mes yeux que lorsque l’économie mondiale repartira, elle le fera outre Atlantique. Les dérives récentes ne doivent pas occulter le fait que les USA possèdent toujours et de loin les outils économiques, financiers et politiques les plus puissants et les plus à même de relever l’économie de la planète.

L’une des raisons à cela peut paraître simpliste mais n’en est pas moins significative : l’esprit américain est aux antipodes du fatalisme ambiant que nous autres européens connaissons si bien. Nul doute que l’économie américaine trouvera bientôt une nouvelle locomotive issue de ses centres de recherche, de ses universités ou des garages de ses citoyens ; nul doute que le système absorbera bien plus vite les mutations nécessaires et s’adaptera bien plus rapidement à la nouvelle structure de l’économie mondiale qu’une Europe sclérosée qui semble retomber dans ses habituels travers.

En somme, si cette crise est significative elle sera d’autant plus dévastatrice qu’elle semble être bien mal analysée et interprétée. Il convient d’agir avec prudence et discernement sans céder au populisme et à une remise en cause improductive du  modèle de libre marché.

                                                                                                       Kevin Gentle 
Jeudi 3 juillet 2008 4 03 /07 /Juil /2008 13:28

C’est avec une grande joie et une immense fierté que nous nous exprimons, ce soir, en réaction à la libération d’Ingrid Bétancourt, otage franco-colombienne retenue depuis maintenant plus de 6 ans par les FARCs, l’armée révolutionnaire de Colombie.

 

            Nos pensées vont tout d’abord à Lorenzo et Mélanie, ses enfants, à Astrid, sa sœur et à Yolanda, sa mère qui, durant ces longues années n’ont jamais perdu espoir et n’ont eu de cesse de se battre dans l’attente de ce jour historique. C’est avec le plus grand respect et la plus grande admiration que nous tenons à féliciter toute sa famille pour leur ténacité dans ce combat. En effet, après plus de 2000 jours de détention, plus de 4 années sans la moindre nouvelle d’Ingrid, aucun d’eux n’a baissé les bras : leur courage et leur soutien mutuel forcent indéniablement le respect et constituent un exemple pour nous tous.

 

            Nous tenons également à rendre hommage aux multiples comités de soutien qui se sont formés dans le but d’obtenir sa libération. En effet, la force de mobilisation de l’ensemble des français a, une nouvelle fois, montré son efficacité et l’ampleur de ses capacités d’influence et d’action.

            Cependant, l’exceptionnelle mobilisation des français et des peuples du Monde entier autour de la cause d’Ingrid Bétancourt n’aurait pu être possible sans l’action de la Presse et des Médias dans leur ensemble. En effet, il nous semble, ce soir, important de rendre hommage à l’ensemble des journalistes de la Planète pour n’avoir jamais oublié Ingrid,  pour n’avoir jamais cessé de parler d’elle et pour avoir fait perdurer l’espoir au fond de chacun de nous. Les très nombreux articles, reportages, émissions de télévision et de radio ont eu pour effet de nous remémorer constamment qu’une femme était prisonnière, meurtrie et malade au fin fond de la forêt amazonienne, et que l’oublier, c’était la tuer.

 

            De plus, nous tenons à exprimer notre profonde fierté d’appartenir à ce grand peuple qu’est le peuple de France. Une fois de plus, nous avons tous ensemble fait la preuve que les français sont toujours un grand peuple, défenseur et garant des libertés et des droits de l’Homme, et ce dans le Monde entier. C’est, ce soir, une grande Victoire pour tous les français car, au-delà des clivages politiques, religieux ou idéologiques qui nous opposent parfois, nous sommes tous, à l’image de l’ensemble de la classe politique, heureux et fiers pour une seule et même raison, victorieux de notre combat commun.

 

            Enfin, nous tenons à adresser nos plus sincères félicitations à l’ensemble de notre Gouvernement et, bien évidemment au Président de la République, Nicolas Sarkozy. Son dynamisme, sa ténacité et sa volonté farouche dans cette affaire ont, sans nul doute, largement contribué au résultat dont tous les politiques, tous bords confondus, se félicitent ce soir. Lorsqu’il en avait fait la promesse durant la campagne présidentielle, nombreux étaient les sceptiques, il a une nouvelle fois prouvé que son style, souvent décrié ces derniers temps, permettait parfois de donner vie au slogan désormais bien connu : « Ensemble, tout devient possible » !

 

            Pour terminer, je souhaite, à titre personnel, à ajouter que plus que jamais, en 20 années de vie, je ressens une inébranlable fierté : celle d’être français.

 

Clément Forestier.

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